Phaethon Games

Phaethon Games

[:fr]Les personnages de GMO: Adamir – Mushroom Druid[:en]Character from the game: Adamir – Mushroom Druid[:]

[:fr]L'histoire d’Adamir :

Les druides avaient toujours occupé une place de première importance dans les sociétés des deux couronnes. Ils étaient la voix des terres et du ciel, des bois et des mers, et chacun de leurs mots étaient entendus avec la plus profonde révérence. Ceci était tout du moins vrai jusqu’à la découverte des artefacts.

Bien plus lucratifs pour les princes marchands et bien moins contraignants pour les seigneurs de guerre, ils ne tardèrent pas à remplacer les vieilles croyances et leurs dogmes désuets. Au mieux bons à empêcher de tourner en rond ou d’exploiter telle mine d’argent qui serait le sanctuaire de tel esprit ancestral bougon et revanchard, les enseignements druidiques cessèrent enfin d’être un frein au développement et à la grandeur des nations.

Beaucoup de communautés restaient toutefois attachées à ces traditions, et continuaient d’envoyer les enfants qui présentaient un terrain favorable à un don druidique en pèlerinage jusqu’au bosquet sacré, afin d’y recevoir le privilège d’une formation auprès des Archidruides.

Certains observateurs auront toutefois notées que moins les récoltes d’un village sont fructueuses lors d’une année, plus le « don » semblait se manifester au cours des mois suivants. Le dernier érudit à avoir mentionné l’hypothèse qu’il s’agit d’un simple moyen de se débarrasser de bouches encombrantes a été mystérieusement attaqué par un ours se promenant tout naturellement dans une bibliothèque.

Les druides ainsi formés se mettaient alors en quête d’un village ou d’une communauté accordant toujours de l’intérêt à ses talents pour s’y installer en tant que guérisseur ou guide spirituel. C’est ainsi que Adamir était devenu le guide du petit village de Bringsdisbourg. Du temps où Adamir était une jeune pousse tout juste sortie du bosquet, le doyen lui refusa l’hospitalité, ne voyant pas ce que le village aurait à y gagner. Les nuits suivantes virent le bétail de Bringsdisbourg dévoré par des loups et les champs piétinés par des sangliers, ce qui incita le doyen à revenir sur son premier jugement. L’installation de Adamir mit un terme miraculeux aux agissements des bêtes sauvages, et plus personne ne questionna la pertinence de sa place au sein de la communauté pour les cinquante années suivantes. Plus les années passaient, plus sa condition devenait confortable.

Lorsque le temps signa son passage par un abondant grisonnement de sa pilosité, plus personne n’osa mettre en doute le fait que les meilleurs bras du village travaillaient la terre servant à ses plans d’herbe méditatives. Chaque nouvelle ride était autant de question en moins sur la pertinence de la réquisition de bonnes granges pour la culture de champignons dont les effets étaient plus proches du coma que de la transe.

Cela va de soi, l’âge n’arrange que rarement les caractères. Aussi celui que l’on avait affublé du patronyme « l’Irascible » devint de moins en moins enclin à apprécier la compagnie du

gargouillis de la boue écrasée par des bottes usées et du bourdonnement incessant des mouches.

S’il était né un siècle plus tôt, il aurait sa place auprès des grands seigneurs. Il n’accordait que peu de cas à la noblesse et de sa prétendue supériorité, mais il aurait préféré cent fois mieux la chaleur d’un palace à la moiteur du foin et de la merde. Seulement, il y avait longtemps que les druides avaient perdu leur place privilégiée auprès des puissants.

Certains préféraient alors la solitude et la communion avec la nature que représentait l’ermitage. Grand bien leur fasse s’ils aiment gâcher leurs talents, se disait l’Irascible. Adamir avait toujours vu dans ses pouvoirs un moyen efficace de se faire entretenir par les autres. La Nature n’était que loi du plus fort, l’harmonie est une notion bonne à rassurer les niais. De toute façon, il n’y aurait bientôt plus de druides, au train où change le monde. Il n’y a ni image ni héritage à sauver.

Puis, vint le jour où les deux royaumes rivaux décidèrent d’organiser un tournoi afin de les départager sur les conflits réguliers qui les opposaient. A l’aide des artefacts, ils allaient transformer cet évènement en spectacle majeur, historique, même. Les deux royaumes allaient pouvoir s’enrichir quel que soit l’issue au moyen du prix exorbitant des entrées qu’allaient payer les seigneurs de pays voisins, tandis qu’aucune des armées n’aurait à souffrir de pertes.

Afin de financer tout cela, il allait évidemment falloir doubler, voire tripler la quantité d’impôts en nourritures du peuple le temps que le tournoi fasse ressortir un vainqueur, mais il

valait mieux un ventre vide une ou deux années qu’un village pillé par un ennemi envahissant ses terres, n’est-ce pas ? C’est tout du moins ce que les affiches placardées sur toutes les maisons communes expliquaient.

On annonça alors à Adamir que tout le village allait devoir se sacrifier, notamment par l’arrêt des cultures de produits qui ne sont pas directement comestibles. A commencer par les herbes et les champignons.

Ce fût l’annonce de trop. Que des rois décident d’affamer leurs peuples pour agrandir leur influence, il s’en cognait comme de ses premiers poux. En revanche, que cela ait pour

conséquence de bouleverser ses plans consistants à passer le reste de sa vie à bénir des stupides plantations sans avoir à subir ensuite le cadre irritant de ce village repoussant pour

qui garde l’esprit clair, il ne pouvait le tolérer. Il irait se présenter n’importe lequel des deux rois qui voudraient bien de lui pour champion, qu’il s’agisse de son suzerain légitime ou de son ennemi supposé.

Il participerait au tournoi, n’aurait qu’à botter quelques derrières, et cette histoire serait finie aussi rapidement qu’il reprendrait le cours de sa vie normale.

La patience est une vertu dont le serviteur de la Nature laissait bien volontiers l’exclusivité à sa Maitresse.\”

Texte original : Marc Nunez[:en]Adamir\’s Backstory:

Druids had always taken a prominent role in the realm of the two crowns. They were the voices of the earth and the sky, the forest and the seas, and every word they said was heard with profound respect. That\’s how it was, at least until the artifacts were discovered.

Far more profitable for the merchant princes and far less restraining for the warlords, people soon replaced their obsolete beliefs and dogma. At best they were seen as old fuddy-duddies stopping the mining for some old grumpy and spiteful spirit. The druidic education finally stopped blocking the development of the great new nations.

Nevertheless lots of communities were still attached to these traditions and continued to send gifted children on a pilgrimage to the sacred grove, where they received the privilege of a Druidic training with the Arch-Druids.

Some observers noted that in the year the village crop was very bad, then the \”gift\” tended to appear more frequently. But the last erudite scholar that mentioned that hypothesis saying that it could be a way to get rid of some mouths to feed was mysteriously attacked by a bear casually wandering in a library.

Once the young druids were trained, they looked for a welcoming village or community interested in their talents to settle as healer or spiritual guide. Adamir followed this path and became the guide of the small town named Bringsdisbourg. When Adamir was still a young shoot that just came out of the grove, the elder of the village refused to welcome him, not seeing what good it could bring to the village. In the nights that followed, farm animals of Bringsdisbourg were attacked by wolves and the crops were trampled by boars. This event helped the wise elder to reconsider his first judgment. Adamir\’s arrival miraculously made the wild animals problem disappear. After that nobody ever questioned the legitimacy of his place in the community for the next fifty years. The more years that passed, the more his status became comfortable.

As the passing of time became visible in his hair turning from dark to grey, nobody dared to question that the strongest men of the village were working the land for his personal supply of meditative herbs. Each new wrinkle lead to less questioning the appropriateness of taking the best barns for farming mushrooms which actually caused a state closer to coma than spiritual trance.

Obviously, age rarely improves bad temper. And the one who was known as the \”irascible\” became less and less inclined to bear the gurgling noise of trampled mud and constant buzzing of flies.

If he had been born a century earlier, he would have had a place among the greatest lords. He didn\’t really care about royalty and its supposed superiority, but he would have much prefered the warmth of a palace to the moisture of hay and manure. Unfortunately, Druids had lost their privilege among the powerful a long time ago.

In this situation some of the druids prefered a quiet life and sought communion with nature in a hermitage. Good for them ! If they prefered to waste their talents like that, was thinking the “Irascible”. Adamir had always seen his gift as a good tool to make others improve his condition. The law of Nature was only the law of the strongest, harmony was just a concept useful to reassure gullible people. Anyway it didn\’t matter because druids were fast disappearing as the world changed. Soon enough there would be no reputation nor heritage to save.

Then came the day where the two rival realms decided to organize a tournament to determine which had the right answer in conflictual situations. With the help of artifacts, they were going to transform this event into a spectacular and historic show. In the process both realms were going to raise lots of money, no matter what the outcome of the tournament, with the exorbitant cost of the entrance fee payed by all the lords. And also their armies would not suffer any losses.

To finance all of this, it would be necessary to raise food taxes twice or even thrice until the tournament came to an end, but it was far better to have an empty stomach rather than to have villages plundered by foreign armies, wasn’t it ? At least that was what the message posted on all billboards in community houses of the two realms explained.

Soon enough the message came to Adamir saying that the village had to make a sacrifice, in particular to stop growing non directly comestible food. Starting with his special grass and mushrooms.

That was where they crossed the line. Kings choosing to starve their subjects to death to raise their influence, he couldn’t have cared less about. But that it would have repercussions on his plans. That he would have to bless those stupid crops for the rest of his life, knowing that he would have to bear this pitiful village with a clear state of mind, that could not be tolerated. He would go to to put himself at the service of a kingdom\’s ruler, be it his legitimate king or his supposed enemy, the foreign sovereign.

 

He would participate in the tournament, kick some butts and this event would end in no time. Then he could go back to his regular activities.

Patience is a virtue that this servant of Nature gladly left exclusively to his Mistress.

Original text : Marc Nunez[:]



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